Une variante du célèbre « tirage en croix »

note : ce texte est disponible en version mise à jour dans le petit livret noir des Triomphes de Paris

Le célèbre "tirage en croix" connait des tas de variantes, de 4 à 6 cartes et plus. Comme toute technique elle n'est pas plus vraie, plus efficace, plus authentique qu'une autre, c'est toujours le praticien qui fait la différence.

Dans le cadre de la transmission dans les pratiques divinatoires, il m'a semblé intéressant de partager ici ma façon personnelle de pratiquer ce tirage.

Ce tirage vient souvent en début de consultation avec les triomphes (22) seulement, son intérêt est de dégager les interrogations principales et de mettre en avant les écueils les plus importants - même si il ne correspond pas directement en apparence aux questions que le consultant va poser il donne une bonne structure pour répondre.

Six cartes sont tirées et disposées dans l'ordre suivant :
..3..  6
1.5.2
..4..

 
La sixième étant placée soit à gauche soit à droite - l'important étant qu'elle soit à part. Marcel Picard propose aussi cette sixième carte dans ce type de tirage qui se fait habituellement à 4 ou 5 cartes.
Pour le début de l'interprétation je laisse de côté cette sixième carte.

Après avoir considéré l'ensemble, l'interprétation commence toujours par la carte centrale - la cinquième - dont le rôle est d'éclairer la question. Souvent, dans sa structure visuelle, elle sert de référent pour les autres cartes, de grille de lecture : par exemple si un Diable sort au milieu, les structures du Jugement ou du Pape y répondront directement, mais même dans d'autres cas suivant ce qui est identifié dans cette carte centrale, les choses se passeront un peu comme si on superposait cette carte aux autres pour les lire.
Cela marche bien sûr dans les deux sens : les autres cartes permettent de dégager le sens de la carte centrale.

Une fois cette problématique dégagée, la lecture se fait de façon assez proche du classique tirage en croix :

La carte 1 représente les forces à l’œuvre et les désirs présents, les réactions par rapport à la problématique et la perception de sa situation par la personne qui consulte - sans emphase sur des appréciations qualitatives positives ou négatives inhérentes à la carte, ni valeur mantique projective.

La carte 2 souligne les écueils dans l'approche de la problématique, les points d'achoppement ou de blocage potentiels ou existant - ici de la même manière la carte n'est pas vue qualitativement par elle même mais par sa position ; elle peut donner une indication « quantitative » suivant l'intensité de la carte, à propos des « obstacles à dépasser » pour prendre une formule de cartomancie classique.

La carte 3 indique un moyen de déblocage, une forme de résolution - avec les mises en garde sur ses conséquences. Elle peut aussi donner des indications prévisionnelles ou faire ressortir des éléments ignorés, conscients ou non.

La carte 4 éclaire sur le développement de ce qui est en germe et les modifications des obstacles ; sa relation avec la carte trois (notamment) permet de la jauger dans les aspects qualitatifs et de repérer ce qui sort du « contrôle ».

Quand à la sixième carte elle permet de voir une direction à plus long terme pour la personne qui consulte, je n'en donne l'interprétation que si sa signification peut être utile. En général avec cette carte peuvent surgir des informations que le mental essaie d'intégrer à la logique du tirage alors qu'il faut soit les verbaliser telles quelles soit les taires si elles sont trop confuses. Pour l'inscrire dans une perspective il est parfois intéressant de l'imaginer dans la succession après 5 et 4 mais avec un maximum de souplesse.

A propos des mises en relation de cartes entre elles, comme pour tout tirage, chaque carte doit aussi être considérée vis à vis de l'ensemble.

Ce qui précède est simplement l'approche purement technique de ce tirage, le sens des cartes éclate d'une façon moins « algorithmique » dans la pratique.

Comme quasiment tous les tirages de moins de 23 cartes, il se prête bien sûr à l'utilisation du jeu complet - voire avec les numérales uniquement ou les jeux de 32, 36, 40 ou 48 cartes.

La structure de la croix a cet intérêt de ne pas renvoyer à un déroulement purement linéaire, elle permet de ne pas s'enfoncer dans la prédiction à tous prix.

On peut aussi appliquer cette structure dans un tirage type « grand tableau » ou tout étalage d'un grand nombre de cartes sur une grille régulière, en cherchant la carte « 5 » correspondant à une question dans la grille on peut en faire une interprétation similaire (ou une carte indiquée comme celle du « consultant ») - ici les numéros correspondent uniquement au rôle indiqué ci dessus bien sûr, pas à l'ordre de tirage :
x.x.x.x.x.x.x.x.x
x.x.x.x.x.x.3.x.x
x.x.x.x.x.1.5.2.x
x.x.x.x.x.x.4.x.x


Si la carte 5 est sur un bord on peut considérer que notre grille boucle horizontalement et verticalement, exemple extrême:
x.x.x.x.x.x.x.x.4
x.x.x.x.x.x.x.x.x
x.x.x.x.x.x.x.x.3
2.x.x.x.x.x.x.1.5

 
Mais il vaut mieux accepter qu'il puisse manquer des informations - dans l'exemple ci-dessus pas de carte 2 = pas d'écueil précis pour le moment ; pas de carte 4 = blocage profond et structurel ; etc...

Note : si le présent texte - comme le reste de ce site - soumis au droit d'auteur et au "copyright"  ne saurait être copié sans autorisation préalable de son auteur, je vous invite en revanche à pratiquer cette technique et à la transmettre à qui vous le souhaiterez avec vos propres mots une fois que vous l'aurez intégrée à votre façon dans votre pratique.

B.S.G MMXII